6.590 milliards qui dorment : et si une part allait vers le non coté ?
30 mai 2026
TL;DR.
Le patrimoine financier des ménages français a atteint 6.590,5 milliards d'euros en 2025, mais une large part reste placée sur des supports liquides et peu rémunérés comme les comptes courants, les livrets réglementés et les fonds en euros. Cet article explique pourquoi cette épargne reste sous-investie et comment le non coté peut servir de piste de diversification pour une fraction de cette somme afin de viser du rendement sur le long terme.
Selon la Banque de France, ce patrimoine financier représente 175 milliards d'euros de plus qu'un an plus tôt, avec un taux d'épargne de 18%, parmi les plus élevés d'Europe. Une étude de Rexecode résume le paradoxe : les Français épargnent beaucoup, mais ils n'ont pas beaucoup d'épargne, car l'argent reste stocké plutôt que mis au travail.
Les Français épargnent beaucoup. Le problème, c'est qu'ils ne font pas toujours travailler cet argent. Selon la Banque de France, reprise par BFM Économie, le patrimoine financier des ménages a atteint 6.590,5 milliards d'euros en 2025, soit 175 milliards de plus qu'un an plus tôt. Une montagne d'épargne qui continue de gonfler, avec un taux d'épargne de 18%, parmi les plus élevés d'Europe. Et pourtant, une part importante de cette somme dort sur des supports peu rémunérateurs. Derrière ce paradoxe se cache une question concrète pour tout particulier : où placer une fraction de cette épargne pour qu'elle produise vraiment du rendement sur le long terme ?
Beaucoup d'épargne, mais peu de patrimoine
Le constat le plus frappant vient d'une étude de Rexecode, citée par BFM : si "les Français épargnent beaucoup, ils n'ont pas beaucoup d'épargne". La formule peut sembler contradictoire, mais elle décrit une réalité simple. Une grande part de l'argent mis de côté reste logée sur des produits très liquides et faiblement rémunérés : comptes courants, livrets réglementés, fonds en euros de l'assurance vie. Ces supports ont une vraie utilité, la sécurité et la disponibilité immédiate, mais ils ne construisent pas de patrimoine sur la durée.
Autrement dit, épargner n'est pas la même chose qu'investir. Mettre 200 euros de côté chaque mois sur un livret protège du coup dur, mais ne capte pas la création de valeur de l'économie réelle. C'est précisément cette différence qui explique pourquoi des milliers de milliards "dorment" : ils sont stockés, pas mis au travail.
Pourquoi cette épargne reste sous-investie
Plusieurs raisons se cumulent. D'abord la prudence : après plusieurs années d'incertitude économique, beaucoup de ménages privilégient la sécurité au rendement. Ensuite le manque d'information : les placements de long terme, et plus encore les actifs moins connus, restent perçus comme réservés aux initiés. Enfin, l'inertie : une fois l'argent posé sur un livret, il y reste, faute d'avoir pris le temps de comparer les alternatives.
Le résultat est mesurable. Avec une inflation qui grignote le pouvoir d'achat, une épargne rémunérée en dessous de la hausse des prix perd mécaniquement de la valeur chaque année. La sécurité a un coût, et ce coût est rarement perçu parce qu'il est silencieux.
Le non coté : une voie encore peu explorée par les particuliers
Parmi les pistes de diversification, le non coté reste l'une des plus méconnues du grand public. Investir dans le non coté, c'est financer directement des entreprises qui ne sont pas en Bourse : PME en croissance, startups, fonds de private equity ou de capital risque. Historiquement, cet univers était réservé aux institutionnels et aux grandes fortunes. Il s'ouvre progressivement aux particuliers, notamment via l'assurance vie, le PEA-PME ou des plateformes dédiées.
L'intérêt est double. D'une part, le non coté est décorrélé des soubresauts quotidiens des marchés cotés, ce qui peut lisser un patrimoine global. D'autre part, il permet de participer au financement de l'économie réelle, des entreprises qui créent des emplois et de la valeur sur le terrain.
Il faut être clair sur les contreparties, car la rigueur l'impose. Le non coté est un placement de long terme, peu liquide : l'argent est souvent immobilisé plusieurs années. Le risque de perte en capital est réel, et tous les projets ne réussissent pas. Ce n'est donc pas un substitut au livret de précaution, mais un complément, pour une fraction de l'épargne que l'on accepte de bloquer et de risquer.
Comment raisonner sans se précipiter
La bonne approche n'est pas de tout basculer sur un coup de tête. Elle consiste à construire par couches : une réserve de sécurité disponible immédiatement, puis des supports de moyen terme, et enfin une poche de long terme, plus risquée mais potentiellement plus rémunératrice, où le non coté peut trouver sa place. Beaucoup de spécialistes évoquent une allocation modérée, quelques pourcents du patrimoine financier, pour s'exposer sans déséquilibrer l'ensemble.
Avant d'investir, deux réflexes valent mieux que tous les rendements promis : comprendre dans quoi l'on met son argent, et accepter l'horizon de temps imposé. Un placement non coté que l'on ne comprend pas, ou que l'on devra revendre dans l'urgence, est rarement un bon placement.
Ce que ces 6.590 milliards nous disent vraiment
Le chiffre de la Banque de France n'est pas qu'une statistique. Il raconte une France qui sait épargner mais qui hésite à investir, par manque d'information plus que par manque de moyens. Faire fructifier une partie de cette épargne ne demande pas de devenir un expert du jour au lendemain : cela demande de se former, de comprendre les options, et d'avancer pas à pas. C'est exactement la raison d'être de LowInvestor : rendre le non coté lisible et accessible, pour que cette épargne dormante devienne, pour ceux qui le souhaitent, un véritable levier de patrimoine.
Questions fréquentes
Quel est le montant du patrimoine financier des ménages français en 2025 ?
Le patrimoine financier des ménages français a atteint 6.590,5 milliards d'euros en 2025, selon la Banque de France. Cela représente 175 milliards d'euros de plus qu'un an plus tôt.
Quel est le taux d'épargne des Français ?
Le taux d'épargne des ménages français est de 18%, ce qui le place parmi les plus élevés d'Europe. Malgré ce niveau, une part importante de cette épargne reste peu rémunérée.
Pourquoi dit-on que les Français épargnent beaucoup mais n'ont pas beaucoup d'épargne ?
Cette formule vient d'une étude de Rexecode. Une grande part de l'argent mis de côté reste logée sur des produits très liquides et faiblement rémunérés comme les comptes courants, les livrets réglementés et les fonds en euros. Ces supports offrent sécurité et disponibilité, mais ne construisent pas de patrimoine sur la durée.
Pourquoi cette épargne reste-t-elle sous-investie ?
Plusieurs raisons se cumulent : la prudence des ménages après des années d'incertitude économique, le manque d'information sur les placements de long terme perçus comme réservés aux initiés, et l'inertie une fois l'argent posé sur un livret. Ces facteurs expliquent pourquoi une somme aussi importante dort sur des supports peu rémunérateurs.
Quelle est la différence entre épargner et investir ?
Épargner consiste à mettre de l'argent de côté sur un support sécurisé et disponible, comme un livret, ce qui protège du coup dur. Investir vise à capter la création de valeur de l'économie réelle pour produire du rendement sur le long terme. Mettre 200 euros par mois sur un livret protège, mais ne fait pas travailler cet argent.