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80 % de l'argent du non coté part aux US : que reste-t-il à l'investisseur européen ?

15 juin 2026

80 % de l'argent du non coté part aux US : que reste-t-il à l'investisseur européen ?

TL;DR.

En 2026, près de 80 % du financement non coté, du seed jusqu'aux tours de croissance, est capté par les États-Unis d'après les données compilées par Crunchbase. Pour l'investisseur européen, et particulièrement francophone, cette concentration détermine où se joue réellement l'accès au capital privé : le terrain de jeu le plus profond ne se trouve pas en Europe.

La domination américaine se renforce au lieu de s'estomper. Les fonds institutionnels suivent la liquidité et les historiques de performance, deux ingrédients massivement localisés aux États-Unis, ce qui crée un cercle qui s'auto-entretient. Le 15 juin 2026, AltAssets rapportait l'entrée de KKR au capital de Crowe Advisory, dont il devient le premier partenaire en capital institutionnel, tandis qu'Atom Health bouclait sa série A le même jour. Pour l'Europe, la conséquence la plus visible est un déficit de financement pour ses PME et start-up, certaines pépites finissant par s'installer outre-Atlantique pour lever des fonds.

Le 15 juin 2026, AltAssets rapportait un nouveau deal emblématique : KKR, l'un des plus gros fonds d'investissement au monde, prend une participation significative dans Crowe Advisory, devenant son premier partenaire en capital institutionnel. Le même jour, la start-up Atom Health bouclait sa série A. Deux opérations qui n'ont, en apparence, rien d'extraordinaire dans le flux quotidien du private equity. Sauf qu'elles ont un point commun rarement souligné : elles sont américaines. Et ce n'est pas un hasard. D'après les données compilées par Crunchbase, près de 80 % du financement non coté, du seed jusqu'aux tours de croissance, est capté par les États-Unis en 2026. Pour un investisseur européen, et plus particulièrement francophone, comprendre cette concentration n'est pas un détail géopolitique : c'est la clé pour saisir où se joue réellement l'accès au capital privé.

Une concentration qui se renforce, pas qui s'estompe

On aurait pu croire que la mondialisation du capital diluerait la domination américaine. C'est l'inverse qui se produit. Les très grosses opérations, comme l'entrée de KKR au capital de Crowe rapportée par AltAssets, illustrent une mécanique d'aspiration : plus un écosystème concentre de fonds, de talents et de deals, plus il attire les capitaux suivants. Les investisseurs institutionnels suivent la liquidité et les historiques de performance, et ces deux ingrédients sont massivement localisés aux États-Unis.

Le résultat est un cercle qui s'auto-entretient. Les fonds américains lèvent plus, déploient plus vite, et raflent les meilleures start-up, y compris des pépites européennes qui finissent par s'installer outre-Atlantique pour lever. Pour l'investisseur particulier européen, le message est clair : le terrain de jeu le plus profond ne se trouve pas à sa porte.

Ce que cette domination coûte vraiment à l'Europe

La conséquence la plus visible, c'est un déficit de financement pour les PME et start-up du continent. Quand 80 % du capital se concentre ailleurs, les entreprises européennes se battent pour le reste. Mais il y a une seconde conséquence, plus discrète, qui touche directement l'épargnant : l'accès aux opportunités.

Aux États-Unis, une partie de l'écosystème du non coté s'est progressivement ouverte à des investisseurs accrédités via des plateformes et des véhicules dédiés. En Europe, le non coté reste largement perçu comme une chasse gardée des family offices, des fonds institutionnels et de quelques business angels établis. L'épargnant francophone de 40 ans, qui aimerait diversifier au-delà de l'immobilier et des marchés cotés, se heurte à un mur d'opacité : il sait que ces deals existent, il lit qu'ils se font, mais il ne sait ni comment y entrer, ni à quelles conditions.

Le paradoxe : moins de capital, mais des opportunités réelles

Il serait faux d'en conclure que l'Europe est un désert. Le déséquilibre de financement crée précisément une asymétrie intéressante. Des PME solides et des start-up prometteuses cherchent des fonds que les méga-fonds américains ne viendront pas leur apporter, faute d'intérêt pour des tickets jugés trop petits. C'est dans cet espace laissé vacant que l'investisseur européen averti peut trouver sa place.

Autrement dit, la concentration américaine n'est pas qu'une mauvaise nouvelle. Elle dessine une carte : là où le capital institutionnel mondial ne va pas, il reste de la valeur à financer, à condition de savoir l'identifier et d'y accéder dans de bonnes conditions.

Reprendre la main, côté francophone

Le vrai enjeu n'est donc pas de pleurer la domination américaine, mais de combler le déficit de méthode et d'accès qui pénalise l'investisseur européen. Trois leviers comptent.

  • La compréhension : savoir lire un deal, distinguer une série A d'une opération de growth comme celle de KKR, comprendre les mécaniques de valorisation et de dilution.
  • L'accès : être mis en relation avec des entreprises non cotées réellement ouvertes à des investisseurs particuliers, plutôt que de subir l'opacité du marché.
  • Le cadre : investir des montants maîtrisés, dans une logique de diversification, sans céder à la promesse de rendement facile.

C'est exactement la zone où LowInvestor se positionne : former des particuliers francophones au fonctionnement du non coté et créer le pont entre eux et des start-up ou PME en recherche de financement. Pas pour reproduire le modèle américain, mais pour donner à l'investisseur européen les moyens de jouer sa propre carte sur son propre terrain.

Et maintenant ?

La prochaine fois que vous lirez qu'un fonds géant signe un deal à plusieurs milliards, posez-vous une question simple : ce capital, où va-t-il, et pourquoi pas chez nous ? La domination américaine du non coté n'est pas une fatalité, c'est un constat. Et un constat se contourne, à condition de s'outiller. Le premier pas n'est pas de trouver le bon deal, mais de comprendre le terrain. Le reste suit.

Questions fréquentes

Quelle part du financement non coté part aux États-Unis en 2026 ?

D'après les données compilées par Crunchbase, près de 80 % du financement non coté est capté par les États-Unis en 2026. Cela couvre tout le spectre, du seed jusqu'aux tours de croissance.

Pourquoi la domination américaine sur le capital privé se renforce-t-elle ?

Plus un écosystème concentre de fonds, de talents et de deals, plus il attire les capitaux suivants. Les investisseurs institutionnels suivent la liquidité et les historiques de performance, deux ingrédients massivement localisés aux États-Unis, ce qui crée un cercle qui s'auto-entretient.

Qu'est-ce que l'opération entre KKR et Crowe Advisory ?

Le 15 juin 2026, AltAssets rapportait que KKR, l'un des plus gros fonds d'investissement au monde, prend une participation significative dans Crowe Advisory et en devient le premier partenaire en capital institutionnel. C'est un exemple de la mécanique d'aspiration qui concentre les capitaux aux États-Unis.

Quelles sont les conséquences de cette concentration pour l'Europe ?

La conséquence la plus visible est un déficit de financement pour les PME et start-up du continent. Les fonds américains lèvent plus et déploient plus vite, raflant les meilleures start-up, y compris des pépites européennes qui finissent par s'installer outre-Atlantique pour lever des fonds.

Pourquoi un investisseur européen doit-il comprendre cette concentration du capital ?

Pour l'investisseur particulier européen, cette concentration n'est pas un détail géopolitique mais la clé pour saisir où se joue réellement l'accès au capital privé. Le terrain de jeu le plus profond ne se trouve pas à sa porte, ce qui change la manière d'aborder le non coté.