Pourquoi les fondateurs européens lorgnent les États-Unis (et ce que ça dit du non-coté)
27 mai 2026
TL;DR.
Près d'un tiers des fondateurs européens envisagent de transférer le siège de leur entreprise aux États-Unis. Ce mouvement n'est pas une question d'image : il traduit une difficulté structurelle du non-coté européen à offrir des sorties rapides aux investisseurs. Pour un particulier qui place de l'argent dans des startups, des PME ou via des fonds de private equity, comprendre cette dynamique est indispensable pour évaluer le délai avant de récupérer ses capitaux.
Aux États-Unis, les tickets sont plus gros, les valorisations plus généreuses et les sorties (introductions en Bourse, rachats stratégiques, marché secondaire) plus fluides. En Europe, une startup levée en 2020 peut attendre 2028 ou 2030 avant qu'un investisseur récupère sa mise. La conversation centrale du non-coté en 2026 ne porte plus sur les licornes mais sur la liquidité, alors que les fonds doivent rendre l'argent à leurs propres souscripteurs, les LPs.
Un chiffre vient de tomber et il mérite qu'on s'y arrête. Selon Maddyness, près d'un tiers des fondateurs européens envisagent aujourd'hui de transférer le siège de leur entreprise aux États-Unis. Ce n'est pas une question d'ego ni une lubie passagère : c'est le symptôme d'un changement profond dans la mécanique du non-coté. Pour un particulier qui veut investir dans des startups, des PME ou via des fonds de private equity, comprendre ce mouvement n'est pas un luxe. C'est la condition pour faire des choix éclairés.
Ce que dit vraiment le chiffre
Derrière ce constat rapporté par Maddyness, il y a une réalité que les fondateurs vivent au quotidien. Aux États-Unis, les tickets sont plus gros, les valorisations plus généreuses, et surtout les portes de sortie (introductions en Bourse, rachats stratégiques, marché secondaire actif) sont nettement plus fluides. En Europe, les fonds ont l'argent, mais ils peinent à le faire tourner. Une startup levée en 2020 peut très bien attendre 2028 ou 2030 avant qu'un investisseur récupère ses billes.
Ce décalage n'est pas anecdotique. Il explique pourquoi la conversation centrale du non-coté en 2026 ne porte plus sur les licornes ou les valorisations records, mais sur un mot beaucoup moins glamour : la liquidité.
Le venture capital a changé d'obsession
Pendant dix ans, le VC européen a couru après la croissance. Lever, lever encore, gonfler les valorisations, espérer une licorne. Le modèle s'est grippé. Les fonds doivent désormais rendre l'argent à leurs propres souscripteurs (les LPs, c'est-à-dire les institutionnels et les family offices qui leur ont confié des capitaux), et ces souscripteurs s'impatientent.
Résultat : les fonds cherchent activement des solutions de sortie. Marché secondaire, rachats partiels, distributions en nature, fonds de continuation. Ce vocabulaire technique cache une réalité simple : l'industrie veut faire circuler le capital plus vite. Et quand les sorties manquent en Europe, certains fondateurs traversent l'Atlantique pour offrir cette liquidité à leurs investisseurs.
Ce que ça change pour vous, investisseur particulier
Si vous envisagez d'investir dans le non-coté (directement dans une startup, via un club de business angels, ou à travers un fonds), trois éléments deviennent essentiels.
1. La question de la sortie passe avant celle du rendement
Un investissement non-coté qui rapporte théoriquement 3x mais qu'on ne peut pas vendre pendant douze ans n'est pas forcément meilleur qu'un investissement à 2x liquide en six ans. Avant de signer un ticket, posez la question : quel est le scénario de sortie réaliste, et à quel horizon ?
2. Le siège social du projet compte
Une startup avec siège aux États-Unis n'a pas la même mécanique fiscale et juridique qu'une startup française ou luxembourgeoise. Cela influe sur vos avantages fiscaux éventuels (IR-PME, PEA-PME), sur la complexité de votre déclaration, et sur la nature de vos droits d'actionnaire.
3. Le marché secondaire devient un sujet à part entière
Pouvoir revendre vos parts à un autre investisseur avant la sortie finale change tout. C'est une fenêtre de liquidité partielle qui n'existait quasiment pas pour les particuliers il y a cinq ans. Aujourd'hui, des plateformes structurent ce marché. Ce sera l'un des grands sujets de la décennie.
L'angle LowInvestor : se former avant de signer
Ce mouvement de fond vers les États-Unis ne signifie pas que l'Europe est foutue, ni qu'il faut fuir le non-coté français. Il signifie que les règles du jeu se précisent, et qu'investir sans comprendre ces règles revient à jouer au poker sans connaître la valeur des cartes.
Chez LowInvestor, c'est exactement ce qu'on essaie de transmettre : décoder les structures de deals, comprendre les mécaniques de sortie, identifier les bons signaux faibles avant de mettre un euro. Le non-coté reste l'une des classes d'actifs les plus rémunératrices du monde, mais c'est aussi la moins lisible. Le rôle d'un investisseur particulier sérieux n'est pas de courir derrière la prochaine pépite, c'est de savoir quand entrer, quand sortir, et avec qui.
À retenir
Quand un tiers des fondateurs européens regardent vers les États-Unis, ce n'est pas une fuite. C'est un signal sur ce que le marché valorise vraiment aujourd'hui : la capacité à rendre l'argent. Pour vous, c'est l'occasion de regarder vos investissements (actuels ou futurs) avec une autre paire de lunettes. Posez-vous la question de la liquidité avant celle du rendement. Vous prendrez de meilleures décisions.
Questions fréquentes
Combien de fondateurs européens veulent partir aux États-Unis ?
Selon Maddyness, près d'un tiers des fondateurs européens envisagent aujourd'hui de transférer le siège de leur entreprise aux États-Unis. Ce chiffre traduit un changement profond dans la mécanique du non-coté plutôt qu'une décision individuelle isolée.
Pourquoi les fondateurs européens préfèrent-ils les États-Unis ?
Aux États-Unis, les tickets d'investissement sont plus gros et les valorisations plus généreuses. Surtout, les portes de sortie comme les introductions en Bourse, les rachats stratégiques et le marché secondaire sont nettement plus fluides qu'en Europe.
Qu'est-ce que la liquidité dans le non-coté ?
La liquidité désigne la capacité à faire circuler le capital, c'est-à-dire à permettre aux investisseurs de récupérer leur mise dans des délais raisonnables. En 2026, c'est devenu la conversation centrale du non-coté, devant les valorisations records ou les licornes.
Combien de temps faut-il attendre avant de récupérer un investissement en startup européenne ?
Une startup levée en 2020 peut très bien attendre 2028 ou 2030 avant qu'un investisseur récupère ses billes. Ce décalage de huit à dix ans illustre la difficulté des fonds européens à organiser des sorties dans des délais courts.
Qui sont les LPs dans le venture capital ?
Les LPs sont les souscripteurs des fonds, c'est-à-dire les institutionnels et les family offices qui leur ont confié des capitaux. Ce sont eux qui réclament aujourd'hui que l'argent leur soit rendu, ce qui pousse les fonds à chercher activement des solutions de sortie comme les rachats partiels, les distributions en nature ou les fonds de continuation.