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IPO en berne : pourquoi le marché secondaire privé devient incontournable

26 mai 2026

IPO en berne : pourquoi le marché secondaire privé devient incontournable

TL;DR.

Le retour des introductions en bourse aux États-Unis et en Europe masque une tendance de fond : le seuil pour devenir une société cotée n'a jamais été aussi haut, et l'IPO reste hors d'atteinte pour la majorité des entreprises de taille moyenne. Le marché secondaire privé s'impose comme la nouvelle voie de liquidité pour les fondateurs, les salariés et les investisseurs qui détiennent des parts dans le non coté.

Dans une tribune publiée le 26 mai 2026 sur Crunchbase News, Shawn Bercuson, fondateur d'Earlyasset, défend cette thèse. Les entreprises valorisées entre 200 millions et 1 milliard subissent des coûts de mise en conformité élevés, une faible couverture analystes et une liquidité réduite une fois cotées. Beaucoup restent privées 10 ou 15 ans après leur création, contre 5 à 7 ans auparavant, sans que les options de sortie ne suivent.

On parle beaucoup du retour des introductions en bourse aux États-Unis et en Europe. Quelques dossiers retentissants donnent l'impression que la fenêtre IPO se rouvre enfin après plusieurs années compliquées. Mais derrière cette embellie médiatique, le seuil pour devenir une société cotée n'a jamais été aussi haut. Pour la majorité des entreprises de taille moyenne et leurs actionnaires, l'IPO reste hors d'atteinte. C'est la thèse défendue par Shawn Bercuson, fondateur d'Earlyasset, dans une tribune publiée le 26 mai 2026 sur Crunchbase News. Et c'est un sujet central pour quiconque investit dans le non coté.

Le ticket d'entrée en bourse a explosé

Selon Crunchbase News, le niveau de revenus, de marge et de prévisibilité exigé pour réussir une cotation a continué de monter. Les banques d'investissement, les régulateurs et les fonds publics veulent désormais des entreprises matures, profitables et capables de tenir des prévisions trimestre après trimestre. Résultat : seuls les très gros dossiers passent, et encore, avec une décote fréquente par rapport au dernier tour privé.

Pour une entreprise valorisée entre 200 millions et 1 milliard, l'IPO devient une équation perdante : coûts de mise en conformité élevés, faible couverture analystes, liquidité réduite une fois cotée. Beaucoup préfèrent rester privées plus longtemps, parfois 10 ou 15 ans après leur création.

Le problème : où va la liquidité des actionnaires ?

C'est là que la question devient concrète pour les investisseurs et les salariés qui détiennent des parts. Tant que la société restait privée 5 à 7 ans avant de sortir en bourse ou d'être rachetée, le cycle fonctionnait. Aujourd'hui, comme le souligne Bercuson, ce cycle s'est allongé sans que les options de sortie ne suivent.

Les conséquences sont triples :

  • Les fondateurs ne peuvent pas réaliser une partie de leur patrimoine, ce qui crée du stress financier et parfois des décisions stratégiques mal calibrées.
  • Les salariés avec des stock-options voient leur richesse théorique gelée pendant des années.
  • Les fonds de capital-risque dépassent leurs durées de vie habituelles (10 ans) sans rendre l'argent à leurs propres souscripteurs, ce qui complique les levées suivantes.

La réponse : un marché secondaire privé qui mûrit

D'après Crunchbase News, la pression monte pour structurer un véritable marché secondaire du non coté, plus liquide, plus transparent, accessible à un éventail d'investisseurs plus large. Concrètement, il s'agit de plateformes et de mécanismes qui permettent à un actionnaire (fondateur, salarié, fonds historique) de céder ses parts à un nouvel investisseur sans attendre une IPO ou un rachat.

Ce marché existe déjà aux États-Unis (Forge, EquityZen, Hiive) et émerge en Europe. Il reste cependant réservé aux investisseurs qualifiés, avec des montants d'entrée souvent élevés et une information financière irrégulière. C'est ce dernier point qui freine son adoption massive.

Ce que cela change pour un investisseur particulier

Si vous investissez dans le non coté en tant que particulier, ce mouvement est important à plusieurs titres.

D'abord, il faut intégrer que la sortie en bourse n'est plus le scénario par défaut. Quand vous investissez dans une PME, une startup ou via un fonds, posez la question des voies de liquidité envisagées : rachat industriel, recapitalisation, secondaire privé, dividendes. Si la réponse est uniquement "IPO", méfiance.

Ensuite, le secondaire privé crée des opportunités d'entrée à un stade avancé, sur des sociétés déjà éprouvées, avec une visibilité supérieure à celle d'un tour primaire early-stage. Mais il crée aussi des risques nouveaux : décotes parfois importantes par rapport à la dernière valorisation officielle, asymétrie d'information, frais de plateforme.

Enfin, c'est un signal de fond : la création de valeur se fait désormais en grande partie hors marché public. Un patrimoine diversifié qui ignore le non coté se prive d'une part croissante de la performance économique mondiale.

Ce qu'il faut retenir

Le retour des IPO masque un déplacement plus profond : les meilleures entreprises restent privées plus longtemps, et le système doit inventer des sorties qui ne dépendent plus de la cloche de Wall Street. Pour l'investisseur particulier, cela veut dire deux choses. Un, se former pour comprendre la mécanique du non coté avant d'y entrer, parce que les règles ne sont pas celles de la bourse. Deux, regarder ce marché secondaire qui se structure comme une porte d'entrée potentielle, à condition d'en mesurer les frictions.

Chez LowInvestor, nous suivons ces évolutions parce qu'elles dessinent la prochaine génération d'opportunités d'investissement. Comprendre comment se construit la liquidité du non coté, c'est déjà une partie du travail d'investisseur.

Questions fréquentes

Pourquoi de moins en moins d'entreprises arrivent à entrer en bourse ?

Le niveau de revenus, de marge et de prévisibilité exigé pour réussir une cotation a continué de monter. Les banques d'investissement, les régulateurs et les fonds publics veulent des entreprises matures, profitables et capables de tenir leurs prévisions trimestre après trimestre. Seuls les très gros dossiers passent, souvent avec une décote par rapport au dernier tour privé.

Pourquoi une IPO n'est-elle pas rentable pour une entreprise valorisée entre 200 millions et 1 milliard ?

Pour ces sociétés, l'IPO devient une équation perdante. Les coûts de mise en conformité sont élevés, la couverture analystes est faible et la liquidité reste réduite une fois cotée. Beaucoup préfèrent donc rester privées plus longtemps.

Combien de temps les entreprises restent-elles privées aujourd'hui ?

Les entreprises restent désormais privées 10 ou 15 ans après leur création, contre 5 à 7 ans auparavant avant de sortir en bourse ou d'être rachetées. Le cycle s'est allongé sans que les options de sortie ne suivent.

Qu'est-ce que le marché secondaire privé et pourquoi devient-il incontournable ?

Le marché secondaire privé est la voie qui permet aux actionnaires d'entreprises non cotées de vendre leurs parts sans attendre une IPO ou un rachat. Il s'impose parce que l'allongement du cycle privé prive fondateurs, salariés et investisseurs de leurs options de sortie historiques.

Quelles sont les conséquences de l'allongement du cycle privé pour les fondateurs et les salariés ?

Les fondateurs ne peuvent pas réaliser une partie de leur patrimoine, ce qui crée du stress financier et peut conduire à des décisions stratégiques mal calibrées. Les salariés détenteurs de stock-options voient également la valorisation de leurs parts rester bloquée tant qu'aucune voie de liquidité ne s'ouvre.