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Nexi, Nvidia, IHS Towers : pourquoi les pépites repassent en non coté

25 mai 2026

Nexi, Nvidia, IHS Towers : pourquoi les pépites repassent en non coté

TL;DR.

Cassa Depositi e Prestiti, le bras financier de l'État italien, monte au capital de Nexi pour contrer l'intérêt du fonds américain CVC Capital Partners, qui prépare une offre de rachat sur l'opérateur de paiement. Cette opération illustre une tendance de fond en Europe : les actifs stratégiques quittent la Bourse via des opérations de public-to-private menées par le capital-investissement, qui les restructure sur cinq à sept ans avant revente.

Nexi traite des milliards de transactions chaque année et reste un pilier de la digitalisation financière italienne. CVC compte parmi les plus gros fonds de capital-investissement au monde. Depuis trois ans, les retraits de la cote se multiplient en Europe, portés par la mauvaise valorisation des entreprises de taille intermédiaire sur les marchés actions.

La nouvelle est passée presque inaperçue ce 25 mai, mais elle dit beaucoup de l'époque. Cassa Depositi e Prestiti, le bras financier de l'État italien, va monter au capital de Nexi, l'un des plus gros acteurs européens du paiement. Officiellement, il s'agit de renforcer une position d'actionnaire de référence. Officieusement, c'est une réponse à l'intérêt très insistant du fonds américain CVC Capital Partners, qui rôde autour de Nexi avec une offre de rachat. Pour nous, investisseurs particuliers, le signal est clair : les actifs stratégiques européens deviennent un terrain de jeu pour le private equity, et les États comme les fonds rivalisent pour les capter avant qu'ils ne sortent de la cote.

Ce que l'opération Nexi raconte vraiment

Selon Finextra, qui a relayé l'information, CDP cherche à sécuriser un actif jugé d'importance stratégique pour l'infrastructure de paiement italienne. Nexi traite des milliards de transactions chaque année et reste un pilier de la digitalisation financière du pays. Quand CVC, l'un des plus gros fonds de capital-investissement au monde, s'y intéresse, ce n'est pas pour faire de la spéculation : c'est pour retirer la société de la cote, la restructurer en profondeur, et la revendre plus chère dans cinq à sept ans.

Cette mécanique a un nom : le public-to-private, ou going-private. Une société cotée, jugée sous-valorisée ou bridée par la pression trimestrielle des marchés, est rachetée par un fonds qui la fait basculer dans l'univers non coté. Là, plus de publication obligatoire, plus de regard permanent des analystes, plus de cours volatil. Juste un plan industriel, un horizon long, et des leviers de valeur que la Bourse ne sait plus reconnaître.

Pourquoi la Bourse n'est plus la destination naturelle

Le mouvement Nexi n'est pas isolé. Depuis trois ans, les retraits de la cote se multiplient en Europe et au-delà. La raison est structurelle : les marchés actions valorisent mal les entreprises de taille intermédiaire, en particulier celles qui ont besoin de capex lourds ou de cycles de transformation longs. Les investisseurs publics veulent du résultat trimestriel, le private equity accepte de patienter.

Pour une entreprise comme Nexi, rester cotée signifie payer le prix de la transparence permanente sans en récolter les bénéfices en valorisation. Pour un fonds comme CVC, c'est exactement l'inverse : il achète à un multiple bas, restructure à l'abri des regards, et capture la création de valeur. C'est ce déséquilibre, plus que toute autre chose, qui explique l'explosion du non coté ces dix dernières années.

Le même scénario, en Afrique

Ce qui se joue sur Nexi en Italie se joue aussi sur le continent africain, parfois avec une intensité encore plus forte. IHS Towers, le géant panafricain des tours télécoms coté à New York, fait l'objet depuis des mois d'un intérêt appuyé de la part de son actionnaire principal, le sud-africain MTN, pour un retour en non coté. La logique est la même qu'à Milan : un actif stratégique, mal valorisé par le marché, mieux compris par un actionnaire industriel patient.

Pour nos lecteurs liés à l'Afrique francophone, ce point est essentiel. Les meilleures entreprises africaines, celles qui construisent les infrastructures de demain (télécoms, énergie, logistique, paiements), passent de plus en plus par le non coté. Soit elles n'ont jamais été en Bourse, soit elles la quittent. Et la conséquence est concrète : si vous voulez participer à leur croissance, vous ne pouvez plus simplement acheter une action depuis votre courtier.

Ce que ça change pour un investisseur particulier

Pendant longtemps, le non coté était réservé aux institutionnels et aux family offices. Ticket minimum à plusieurs centaines de milliers d'euros, deals introuvables, expertise nécessaire pour analyser un term sheet. Aujourd'hui, ce mur s'effrite. Plateformes spécialisées, fonds de fonds accessibles dès quelques milliers d'euros, clubs d'investisseurs particuliers, FCPR retail : les portes s'ouvrent, à condition de savoir où regarder.

Mais attention : non coté ne veut pas dire rendement garanti. La liquidité y est faible (votre argent est bloqué cinq à dix ans), la sélection des dossiers est cruciale, et la diversification reste la première règle. C'est précisément pour ces raisons que la formation préalable n'est pas un luxe, c'est une condition d'entrée.

La vraie question à se poser

Si les fonds géants et les États se battent pour récupérer des actifs comme Nexi ou IHS Towers, c'est qu'ils voient quelque chose que le grand public ne voit pas encore : la prochaine décennie de création de valeur ne se jouera pas sur les places boursières classiques. Elle se jouera sur des deals que vous ne lirez pas dans la presse, signés entre acteurs informés.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est plus nécessaire d'avoir dix millions d'euros pour s'y intéresser. La moins bonne, c'est qu'il faut s'éduquer avant d'investir. Chez LowInvestor, c'est exactement le travail que nous menons : comprendre ces mécaniques, identifier les opportunités sérieuses, et apprendre à lire un dossier non coté comme un professionnel le ferait.

Questions fréquentes

Pourquoi l'État italien monte-t-il au capital de Nexi ?

Cassa Depositi e Prestiti, le bras financier de l'État italien, renforce sa position d'actionnaire de référence pour répondre à l'intérêt insistant de CVC Capital Partners, qui prépare une offre de rachat. L'objectif est de sécuriser un actif jugé stratégique pour l'infrastructure de paiement italienne avant qu'il ne sorte de la cote.

Qu'est-ce que le public-to-private ?

Le public-to-private, ou going-private, est une opération par laquelle une société cotée est rachetée par un fonds de capital-investissement pour basculer dans l'univers non coté. L'entreprise échappe alors aux publications obligatoires, à la pression trimestrielle des marchés et à la volatilité du cours, au profit d'un plan industriel de long terme.

Que veut faire CVC avec Nexi ?

CVC ne s'intéresse pas à Nexi pour de la spéculation. Le fonds vise à retirer la société de la cote, à la restructurer en profondeur, puis à la revendre plus chère dans un horizon de cinq à sept ans.

Pourquoi les pépites quittent-elles la Bourse ?

Les marchés actions valorisent mal les entreprises de taille intermédiaire, qui subissent la pression trimestrielle des analystes et un cours volatil. Le non coté offre un horizon long et des leviers de valeur que la Bourse ne sait plus reconnaître, ce qui pousse de plus en plus de sociétés à sortir.

Le mouvement de retrait de la cote est-il limité à Nexi ?

Non. Depuis trois ans, les retraits de la cote se multiplient en Europe et au-delà. Nexi s'inscrit dans une tendance structurelle où les actifs stratégiques européens deviennent un terrain de jeu pour le private equity et les États qui cherchent à les capter.