115 M€ pour Quobly : la deeptech française et le non coté
3 juin 2026
TL;DR.
Quobly, spin-off française issue de la recherche publique grenobloise, lève 115 millions d'euros en série A pour développer un ordinateur quantique fondé sur la technologie du silicium. STMicroelectronics et Air Liquide entrent à son capital, ce qui fait de cette opération l'une des plus grosses levées du secteur quantique en Europe. L'opération illustre la façon dont la deeptech se finance presque exclusivement dans le non coté plutôt qu'en Bourse.
Le montant atteint 115 millions d'euros pour une entreprise encore loin de la commercialisation, signe d'un pari de long terme. STMicroelectronics apporte sa capacité de production de puces et Air Liquide son expertise des conditions extrêmes, le quantique fonctionnant à des températures proches du zéro absolu. Faute de chiffre d'affaires significatif, Quobly ne peut pas s'introduire en Bourse et dépend de fonds de capital-risque et de fonds souverains prêts à immobiliser leur capital plusieurs années.
Une jeune entreprise française qui conçoit des puces quantiques vient de lever 115 millions d'euros. Quobly, spin-off issue de la recherche publique grenobloise, boucle ainsi l'une des plus grosses séries A du secteur en Europe, avec à son capital deux industriels de premier plan : STMicroelectronics et Air Liquide. Derrière l'annonce, il y a une histoire qui nous intéresse directement : celle du financement de la deeptech, ces technologies de rupture qui mettent des années à mûrir et qui ne se financent presque jamais en Bourse, mais bien dans le non coté. Comprendre comment une opération pareille se monte, c'est comprendre une partie du terrain sur lequel un investisseur particulier peut, demain, mettre un pied.
Ce que dit la levée de Quobly
Selon les informations relayées par la presse spécialisée, Quobly a sécurisé 115 millions d'euros pour développer un ordinateur quantique fondé sur la technologie du silicium, la même filière industrielle que celle des semi-conducteurs classiques. C'est un choix stratégique : en s'appuyant sur des procédés de fabrication déjà maîtrisés à grande échelle, l'entreprise espère passer plus vite du laboratoire à l'industrialisation.
Deux éléments méritent l'attention. D'abord la présence d'industriels au tour de table : STMicroelectronics apporte sa capacité de production de puces, Air Liquide son expertise des conditions extrêmes (le quantique fonctionne à des températures proches du zéro absolu). Ensuite le montant : 115 millions d'euros pour une entreprise encore loin de la commercialisation, c'est le signe d'un pari de long terme, pas d'un retour rapide.
Pourquoi la deeptech se finance en non coté
Une entreprise comme Quobly ne génère pas encore de chiffre d'affaires significatif. Elle ne peut donc pas s'introduire en Bourse, où le marché exige des résultats lisibles et réguliers. Son financement passe par des acteurs prêts à immobiliser leur capital plusieurs années : fonds de capital-risque, fonds souverains, et précisément ces industriels stratégiques.
C'est le coeur de ce qu'on appelle le non coté. La valeur ne se crée pas sur un écran de trading en quelques heures, elle se construit sur cinq, sept, parfois dix ans. En contrepartie de cette patience et de ce risque, les investisseurs entrés tôt captent l'essentiel de la création de valeur si l'entreprise réussit. C'est aussi pour cette raison que les particuliers ont longtemps été tenus à l'écart de ces opérations : elles se jouaient entre initiés, avec des tickets d'entrée élevés.
Un signal pour l'écosystème français
Au-delà de Quobly, cette levée raconte une dynamique. La France structure depuis plusieurs années une filière deeptech, portée par la recherche publique, des fonds spécialisés et désormais des grands groupes qui investissent dans leurs futurs fournisseurs ou partenaires technologiques. Quand un industriel comme STMicroelectronics entre au capital d'une startup, il ne fait pas qu'apporter de l'argent : il valide la pertinence technologique et ouvre des perspectives industrielles concrètes.
Pour un particulier, ce type de signal est précieux. Il ne s'agit pas d'aller investir directement dans Quobly, ce qui reste hors de portée et réservé aux professionnels. Il s'agit de comprendre que l'innovation française se finance par des canaux auxquels l'épargne privée commence, doucement, à pouvoir accéder, via des fonds de private equity, des véhicules dédiés ou des plateformes de mise en relation.
Ce qu'un investisseur particulier peut en retenir
Première leçon : la deeptech est un investissement de conviction et de durée. On ne s'y positionne pas pour un gain trimestriel, mais pour participer à la construction d'une technologie sur une décennie. Cela suppose d'accepter l'illiquidité, c'est-à-dire le fait de ne pas pouvoir récupérer son argent quand on veut.
Deuxième leçon : la qualité du tour de table est un indicateur. La présence d'industriels reconnus et de fonds expérimentés ne garantit rien, mais elle réduit une partie de l'incertitude, car ces acteurs ont mené leur propre analyse avant d'engager des sommes importantes.
Troisième leçon : le non coté n'est plus un terrain exclusivement réservé aux institutionnels. C'est précisément la mission que nous nous donnons chez LowInvestor : vous former à lire ces opérations, comprendre leurs mécanismes et accéder, de façon encadrée, à des projets que la majorité des épargnants ne voient jamais passer.
Et maintenant ?
La levée de Quobly n'est pas une recommandation d'achat, c'est une fenêtre. Elle montre où va l'argent patient en France et comment se finance l'innovation profonde. Avant de chercher à investir dans le non coté, posez-vous les bonnes questions : quel horizon de placement êtes-vous prêt à accepter, quelle part de votre épargne pouvez-vous immobiliser, et avez-vous les clés pour évaluer un dossier. C'est sur ces fondations qu'un investissement éclairé se construit, pas sur l'effet d'annonce.
Questions fréquentes
Combien Quobly a-t-elle levé et auprès de qui ?
Quobly a levé 115 millions d'euros en série A. STMicroelectronics et Air Liquide figurent parmi les investisseurs et entrent à son capital.
Que développe Quobly ?
Quobly conçoit des puces quantiques et développe un ordinateur quantique fondé sur la technologie du silicium, la même filière industrielle que les semi-conducteurs classiques. Ce choix vise à passer plus vite du laboratoire à l'industrialisation en s'appuyant sur des procédés de fabrication déjà maîtrisés à grande échelle.
Pourquoi la deeptech se finance-t-elle en non coté plutôt qu'en Bourse ?
Une entreprise comme Quobly ne génère pas encore de chiffre d'affaires significatif, alors que la Bourse exige des résultats lisibles et réguliers. Son financement passe donc par des acteurs prêts à immobiliser leur capital plusieurs années, comme les fonds de capital-risque et les fonds souverains.
Que représente l'entrée d'industriels comme STMicroelectronics et Air Liquide au capital ?
STMicroelectronics apporte sa capacité de production de puces et Air Liquide son expertise des conditions extrêmes, le quantique fonctionnant à des températures proches du zéro absolu. Leur présence apporte à Quobly des compétences industrielles directement utiles à son développement.
Qu'est-ce que la deeptech ?
La deeptech désigne des technologies de rupture qui mettent des années à mûrir avant d'atteindre l'industrialisation. Ces technologies ne se financent presque jamais en Bourse mais dans le non coté, auprès d'investisseurs acceptant un horizon de long terme.