Alan vaut 5,5 milliards sans être en Bourse : la mécanique du non coté
25 juin 2026
TL;DR.
Alan, l'assureur santé numérique français, vient de lever 480 millions d'euros auprès du fonds Prosus, ce qui porte sa valorisation à 5,5 milliards d'euros sans aucune cotation en Bourse. Cette opération illustre une mécanique clé du non coté : l'essentiel de la valeur d'une entreprise se construit lors de négociations privées entre la société et un cercle restreint de fonds, souvent bien avant une éventuelle introduction en Bourse.
Avec cette levée, Alan dépasse le cap du milliard d'euros levés depuis sa création et signe l'un des plus gros tours de table européens de l'année. Le financement intervient seulement trois mois après une précédente levée de 100 millions d'euros. La valorisation de 5,5 milliards ne correspond ni à un chiffre d'affaires ni à un bénéfice : c'est le prix auquel des investisseurs professionnels acceptent aujourd'hui d'acheter une part de l'entreprise, en pariant sur sa valeur future.
Une entreprise française qui vaut 5,5 milliards d'euros, mais dont vous ne trouverez aucune action sur Euronext ou ailleurs en Bourse. C'est la situation d'Alan, l'assureur santé numérique, qui vient de lever 480 millions d'euros auprès du fonds Prosus. Cette opération lui fait dépasser le cap symbolique du milliard d'euros levés depuis sa création, et la place parmi les plus gros tours de table européens de l'année. Pour un particulier qui découvre l'investissement dans le non coté, cet exemple résume tout : l'essentiel de la valeur d'une entreprise se construit avant qu'elle n'arrive en Bourse, parfois bien avant. Reste à comprendre pourquoi, et ce que cela implique pour qui veut y prendre part.
Ce que dit l'opération Alan, chiffres en main
Les faits sont corroborés par plusieurs sources de notre veille. Alan a levé 480 millions d'euros. Le tour est mené par Prosus, un fonds d'investissement de premier plan. La valorisation qui en découle atteint 5,5 milliards d'euros. Et ce financement intervient seulement trois mois après une précédente levée de 100 millions d'euros. C'est ce rythme qui frappe : en un trimestre, l'entreprise a changé de catégorie.
Retenez surtout le mot valorisation. Ces 5,5 milliards ne sont pas un chiffre d'affaires ni un bénéfice. C'est le prix auquel des investisseurs professionnels acceptent aujourd'hui d'acheter une part de l'entreprise, en pariant sur ce qu'elle vaudra demain. Ce prix se fixe lors d'une négociation privée, entre la société et un cercle restreint de fonds. Aucun marché public, aucune cotation quotidienne. C'est précisément la définition du non coté.
Pourquoi la valeur se crée avant la Bourse
Le réflexe de la plupart des épargnants est d'attendre l'introduction en Bourse pour investir dans une entreprise prometteuse. Le problème, c'est que l'introduction en Bourse arrive souvent à la fin du cycle de création de valeur, pas au début. Quand une société entre sur les marchés publics, elle a déjà multiplié sa valorisation plusieurs fois au fil de levées successives comme celles d'Alan.
Concrètement, les investisseurs entrés tôt dans une scale-up de ce type ont vu leur participation prendre de la valeur à chaque tour : 100 millions levés un trimestre, 480 millions le suivant, avec une valorisation qui grimpe en parallèle. Ce sont les fonds de capital-risque, les business angels et quelques investisseurs privilégiés qui captent cette phase. Le grand public, lui, n'y a historiquement pas accès, faute de tickets adaptés et de mise en relation avec les bonnes opérations.
Non coté ne veut pas dire sans risque
Soyons clairs, et c'est important : un parcours comme celui d'Alan n'est pas la règle, c'est l'exception médiatisée. Pour une entreprise qui enchaîne les levées et grimpe vers les milliards, beaucoup d'autres stagnent, lèvent dans des conditions moins favorables, ou disparaissent. Le non coté est une classe d'actifs illiquide : votre argent y reste immobilisé plusieurs années, sans possibilité de revendre du jour au lendemain comme une action cotée.
La valorisation elle-même mérite la prudence. 5,5 milliards d'euros, c'est un prix de marché à un instant donné, validé par un investisseur précis dans un contexte précis. Il peut monter au tour suivant, mais il peut aussi être revu à la baisse si la conjoncture se retourne. Investir tôt, c'est accepter cette incertitude en échange d'un potentiel supérieur. La diversification, la sélection rigoureuse des dossiers et un horizon long sont les vrais garde-fous.
Ce que cela change pour un particulier francophone
L'écart d'accès entre les professionnels et le grand public se réduit. Des dispositifs existent désormais pour permettre à des particuliers d'investir dans des PME et des startups non cotées, avec des tickets plus raisonnables et un cadre encadré. L'enjeu n'est plus seulement d'avoir l'argent, mais de comprendre ce que l'on signe et d'accéder à des opérations sérieuses.
C'est là que la formation et la mise en relation prennent tout leur sens. Savoir lire une valorisation, comprendre la mécanique d'une levée de fonds, évaluer le risque d'illiquidité : ce sont des compétences qui s'acquièrent. Et être en lien avec les entreprises qui lèvent, plutôt que de le découvrir dans la presse après coup, change radicalement la position de l'investisseur.
À retenir
L'histoire d'Alan n'est pas une invitation à investir dans Alan, dont les tours sont réservés à de grands fonds. C'est une illustration. Elle montre que la création de valeur la plus forte se joue dans le non coté, loin des projecteurs de la Bourse, et que les particuliers ont aujourd'hui de plus en plus de moyens d'y participer, à condition de s'y préparer. La vraie question n'est pas « faut-il attendre l'introduction en Bourse ? », mais « ai-je les outils pour évaluer une opportunité non cotée quand elle se présente ? ». Y répondre, c'est déjà commencer à investir autrement.
Questions fréquentes
Combien Alan a-t-elle levé et auprès de qui ?
Alan a levé 480 millions d'euros auprès du fonds Prosus. Cette opération fait passer l'entreprise au-delà du cap du milliard d'euros levés depuis sa création.
Quelle est la valorisation d'Alan ?
La valorisation d'Alan atteint 5,5 milliards d'euros. Ce chiffre n'est ni un chiffre d'affaires ni un bénéfice : c'est le prix auquel des investisseurs professionnels acceptent d'acheter une part de l'entreprise.
Qu'est-ce qu'une entreprise non cotée ?
Une entreprise non cotée est une société dont les actions ne s'échangent sur aucun marché public, comme Euronext. Son prix se fixe lors de négociations privées entre la société et un cercle restreint de fonds, sans cotation quotidienne.
Pourquoi la valeur d'une entreprise se crée-t-elle avant la Bourse ?
L'introduction en Bourse arrive souvent à la fin du cycle de création de valeur, pas au début. Quand une société entre sur les marchés publics, elle a déjà multiplié sa valorisation au cours de levées privées successives.
À quel rythme Alan a-t-elle enchaîné ses levées de fonds ?
La levée de 480 millions d'euros intervient seulement trois mois après une précédente levée de 100 millions d'euros. En un trimestre, l'entreprise a changé de catégorie.