BOAD : 157,5 milliards FCFA de plus, ce que le 152e conseil dit (et tait) du risque
25 sept. 2026
TL;DR.
Le 24 septembre 2026 à Lomé, le conseil d'administration de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), réuni pour sa 152e session, a approuvé 157,5 milliards FCFA de nouvelles opérations. Le portefeuille global de la banque atteint 10 991,6 milliards FCFA. Si vous êtes bailleur, fonds d'impact ou family office et que vous cofinancez en UEMOA, ces approbations vous montrent les projets à venir. Elles ne disent encore rien de la composition du pipeline ni de la qualité du portefeuille existant.
Le conseil, présidé par Serge Ekue, a pris trois décisions. Il a approuvé 157,5 milliards FCFA d'opérations, arrêté les comptes intermédiaires au 30 juin 2026 et émis un avis favorable sur l'état de recouvrement des créances sur prêts au 31 août 2026. L'enveloppe représente environ 1,4 % de l'encours. C'est un flux d'approbation ordinaire pour une institution de cette taille. Une approbation en conseil n'est ni un engagement signé, ni un décaissement. Il vous reste à vérifier les conventions, les conditions préalables et le bouclage des autres financements.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a tenu le 24 septembre 2026 à Lomé la 152e session de son conseil d'administration. Selon Financial Afrik, le conseil a approuvé de nouvelles opérations pour 157,5 milliards FCFA, et le portefeuille global de l'institution atteint 10 991,6 milliards FCFA. La session a aussi arrêté les comptes intermédiaires au 30 juin 2026 et émis un avis favorable sur l'état de recouvrement des créances sur prêts au 31 août 2026. Pour un bailleur, un fonds d'impact ou un family office qui cofinance ou envisage de cofinancer des projets en UEMOA, ces trois informations sont des signaux à lire, pas des conclusions. Elles ne disent pas encore tout.
Ce que la session a acté
D'après Financial Afrik, la session s'est tenue en format hybride sous la présidence de Serge Ekue, qui est à la fois président du conseil d'administration et président de la BOAD. On peut ramener son contenu à trois décisions :
- L'approbation de nouvelles opérations et interventions pour un total de 157,5 milliards FCFA.
- L'arrêté des comptes intermédiaires au 30 juin 2026.
- Un avis favorable sur l'état de recouvrement des créances sur prêts au 31 août 2026.
Rapportée au portefeuille global, l'enveloppe du jour représente environ 1,4 % de l'encours. C'est un flux d'approbation ordinaire pour une institution de cette taille, pas un changement d'échelle. Le vrai sujet pour le financeur est ailleurs : la composition de ce pipeline et la qualité du stock existant.
Lire le pipeline de cofinancement
Une approbation en conseil n'est ni un engagement signé, ni un décaissement. Entre les deux, il faut négocier les conventions, lever les conditions préalables, parfois faire ratifier par les États et boucler les autres financements. Pour un investisseur qui cherche à se placer à côté d'une DFI régionale, ces approbations sont surtout une carte des projets à venir, où il pourra peut-être entrer en cofinancement, en tranche mezzanine ou via un mécanisme de garantie.
L'article de Financial Afrik ne détaille pas la répartition des 157,5 milliards FCFA par pays, par secteur ou par instrument. C'est pourtant ce qui compte pour évaluer l'additionnalité et la pertinence d'une participation. Avant toute analyse d'opportunité, il faut donc obtenir la liste des opérations et, pour chacune d'elles :
- la nature de la contrepartie (souveraine, sous-souveraine ou privée) ;
- la part du coût du projet que couvre la BOAD, et ce qui reste à mobiliser ;
- l'existence d'une composante foncière (emprises, aménagements agricoles, zones industrielles) et l'état de la sécurisation des droits.
Recouvrement : un avis favorable n'est pas un taux
L'avis favorable du conseil sur l'état de recouvrement au 31 août 2026 est un signal de gouvernance utile. Il montre que le sujet est suivi au plus haut niveau et que l'état présenté a été jugé acceptable. En revanche, il ne donne ni taux d'impayés, ni niveau de provisionnement, ni répartition du risque entre emprunteurs souverains et non souverains. Aucun de ces chiffres ne figure dans la source.
Pour un comité d'investissement, la distinction est importante. Le risque de crédit sur les projets terrain en UEMOA dépend rarement de la seule solidité de la banque de développement qui les porte. Il dépend aussi des délais d'expropriation et d'indemnisation, des contentieux fonciers, du bouclage des contreparties publiques et du rythme réel d'exécution sur le terrain. Un portefeuille bien recouvré en agrégé peut cacher des retards importants sur certaines catégories de projets.
Les comptes semestriels, première pièce de la due diligence
Les comptes intermédiaires au 30 juin 2026 étant arrêtés, leur publication devrait permettre d'aller plus loin que le communiqué. Voici ce qu'un analyste y cherchera en priorité :
- l'évolution des créances douteuses et des provisions sur le semestre ;
- la concentration du portefeuille par pays, qui compte dans une zone où le risque pays diffère beaucoup d'un État membre à l'autre ;
- l'écart entre engagements approuvés et décaissements, qui mesure la capacité d'exécution ;
- la structure de refinancement, qui conditionne la capacité de l'institution à soutenir son rythme d'approbations.
C'est à ce niveau de détail qu'une annonce de conseil devient une donnée exploitable. Chez LowInvestor, nous partons du principe qu'un chiffre agrégé ne se lit correctement qu'une fois recoupé avec l'avancement réel des projets sur le terrain.
Implications pour le financeur institutionnel
Cette 152e session confirme que la BOAD poursuit ses approbations et suit la qualité de son portefeuille au niveau du conseil. Pour un investisseur, c'est une base, pas une thèse. Trois points de vigilance :
- Ne pas confondre approbation et opportunité. Le pipeline ne devient exploitable qu'une fois connus le détail des opérations et leurs besoins de cofinancement.
- Exiger la donnée sous-jacente. Un avis favorable sur le recouvrement ne remplace ni un taux de défaut, ni une analyse par segment.
- Vérifier le foncier en amont. Sur les projets d'infrastructure et d'aménagement agricole, la sécurisation foncière reste l'un des premiers facteurs de retard, donc de risque.
Reste une question ouverte pour les prochains mois : quelle part des opérations approuvées lors de ce conseil sera ouverte à des cofinanceurs privés ou à des instruments de blended finance, et à quelles conditions de partage du risque ?
Questions fréquentes
Combien la BOAD a-t-elle approuvé lors de la 152e session de son conseil d'administration ?
Le conseil d'administration de la BOAD a approuvé 157,5 milliards FCFA de nouvelles opérations et interventions. La session s'est tenue le 24 septembre 2026 à Lomé, en format hybride. Le portefeuille global de l'institution atteint 10 991,6 milliards FCFA.
Quelles décisions le 152e conseil d'administration de la BOAD a-t-il prises ?
Le conseil a pris trois décisions. Il a approuvé 157,5 milliards FCFA de nouvelles opérations, arrêté les comptes intermédiaires au 30 juin 2026 et émis un avis favorable sur l'état de recouvrement des créances sur prêts au 31 août 2026. La session était présidée par Serge Ekue, président du conseil d'administration et président de la BOAD.
Que représentent 157,5 milliards FCFA par rapport au portefeuille de la BOAD ?
L'enveloppe représente environ 1,4 % d'un portefeuille global de 10 991,6 milliards FCFA. C'est un flux d'approbation ordinaire pour une institution de cette taille, pas un changement d'échelle. Pour un financeur, l'essentiel se trouve dans la composition du pipeline et la qualité du portefeuille existant.
Une approbation du conseil de la BOAD signifie-t-elle que les fonds sont décaissés ?
Non. Une approbation en conseil n'est ni un engagement signé, ni un décaissement. Il faut ensuite négocier les conventions, lever les conditions préalables, parfois obtenir la ratification des États et boucler les autres financements.
Comment un investisseur peut-il se positionner aux côtés de la BOAD ?
Les approbations du conseil donnent une carte des projets à venir en UEMOA. Un investisseur peut s'en servir pour repérer les opérations où il pourrait entrer en cofinancement, en tranche mezzanine ou via un mécanisme de garantie.