Daniel Ek et le pari du non coté européen
20 juil. 2026
TL;DR.
Daniel Ek, cofondateur de Spotify, réinvestit une partie de sa fortune dans des entreprises technologiques européennes non cotées plutôt que dans des placements boursiers classiques. Sa démarche illustre la logique du non coté, ou private equity : financer des sociétés jeunes, non accessibles sur les marchés publics, sur plusieurs années et sans liquidité immédiate, en échange d'un potentiel de croissance élevé mais avec un risque de perte totale réel.
Pour investir, il s'appuie sur Prima Materia, une structure d'investissement qu'il a cofondée pour prendre des participations directes. Il cible des secteurs jugés stratégiques comme la défense et la santé. Son pari le plus commenté est Helsing, spécialisée dans l'intelligence artificielle appliquée à la défense, dont la valorisation a atteint plusieurs milliards d'euros. Il a aussi cofondé Neko Health, une société de dépistage.
On connaît Daniel Ek pour Spotify, le service de streaming qu'il a cofondé et hissé au rang de géant mondial. On le découvre aujourd'hui sous un autre visage : celui d'un investisseur qui déploie une partie de sa fortune pour bâtir, selon Sifted, ce qu'il appelle son nouveau rêve européen. Derrière la formule, une conviction : les prochains champions du continent se construiront loin de la Bourse, dans le non coté, à coups de tickets privés et de paris de long terme. Un terrain qui reste largement fermé au grand public, mais dont la logique mérite d'être comprise.
Du streaming à l'investissement
Pour investir, Daniel Ek n'a pas choisi la voie classique du fonds coté ni du placement passif. D'après Sifted, il s'appuie sur Prima Materia, une structure d'investissement qu'il a cofondée pour prendre des participations directes dans des entreprises technologiques européennes encore privées. La différence est essentielle : plutôt que d'acheter des actions de sociétés déjà en Bourse, il entre au capital d'entreprises jeunes, à un stade où leur valeur peut encore être multipliée, mais où le risque de perte totale est réel.
C'est précisément la définition du non coté, ou private equity au sens large : on finance des sociétés qui ne sont pas accessibles sur les marchés publics. Le pari se joue sur plusieurs années, sans liquidité immédiate, en échange d'un potentiel de croissance que les entreprises matures cotées offrent rarement.
Miser sur des secteurs stratégiques
Là où le positionnement de Daniel Ek devient intéressant, c'est dans le choix des thèmes. Sifted souligne son intérêt marqué pour des secteurs jugés stratégiques pour l'avenir du continent, notamment la défense et la santé. Son pari le plus commenté reste Helsing, une entreprise européenne spécialisée dans l'intelligence artificielle appliquée à la défense, dont la valorisation a grimpé à plusieurs milliards d'euros au fil de ses levées de fonds successives.
Il a également cofondé Neko Health, une société de dépistage médical préventif qui cherche à détecter les problèmes de santé avant qu'ils ne se déclarent. Deux paris très différents, mais une même logique : identifier des domaines où l'Europe peut, selon lui, développer ses propres leaders plutôt que de dépendre des acteurs américains ou asiatiques.
Le "rêve européen" : souveraineté et champions privés
Ce que raconte le parcours d'investisseur de Daniel Ek dépasse le simple placement financier. Rapporté par Sifted, son ambition est aussi politique au sens large : convaincre que l'Europe est capable de faire émerger, financer et retenir ses propres géants technologiques, sans les voir systématiquement rachetés ou aspirés par la Silicon Valley.
Ce discours de souveraineté technologique repose sur un constat simple. Beaucoup des entreprises les plus prometteuses du continent restent privées longtemps, parfois indéfiniment. La valeur qu'elles créent pendant cette phase se joue en dehors des marchés cotés, entre fondateurs, fonds de capital-risque et investisseurs privés. Pour un particulier qui n'investit qu'en Bourse, cette création de valeur est tout simplement invisible et inaccessible.
Ce que cela dit aux investisseurs particuliers
L'exemple de Daniel Ek n'est évidemment pas transposable tel quel : il investit des montants considérables, avec un accès direct aux fondateurs et une tolérance au risque que peu de particuliers peuvent se permettre. Mais sa démarche illustre une tendance de fond que nous observons chez LowInvestor.
Premièrement, la richesse technologique européenne se construit de plus en plus dans le non coté, en amont de toute cotation. Deuxièmement, ce marché s'ouvre progressivement, avec des tickets d'entrée qui baissent et des structures qui permettent à des particuliers d'y accéder de façon encadrée. Troisièmement, y participer suppose de comprendre les règles du jeu : horizon long, absence de liquidité, sélection rigoureuse et diversification, car la majorité des jeunes entreprises échoue.
Notre rôle n'est pas de vous promettre les rendements d'un Daniel Ek, personne ne le peut. Il est de vous former à cette classe d'actifs, de vous aider à distinguer une opportunité sérieuse d'un mirage, et de faciliter la mise en relation entre investisseurs et entreprises non cotées. Le rêve européen décrit par Sifted se finance aujourd'hui à guichets fermés. La vraie question, pour vous, est de savoir si et comment vous voulez y prendre part, en connaissance de cause.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le non coté ou private equity ?
Le non coté consiste à financer des sociétés qui ne sont pas accessibles sur les marchés publics. On entre au capital d'entreprises encore privées, souvent jeunes, à un stade où leur valeur peut encore être multipliée. Le pari se joue sur plusieurs années, sans liquidité immédiate, avec un risque de perte totale réel.
Comment Daniel Ek investit-il sa fortune ?
Il n'a pas choisi la voie du fonds coté ni du placement passif. Il s'appuie sur Prima Materia, une structure d'investissement qu'il a cofondée, pour prendre des participations directes dans des entreprises technologiques européennes encore privées. Il entre donc au capital plutôt que d'acheter des actions de sociétés déjà en Bourse.
Pourquoi Daniel Ek mise-t-il sur le non coté plutôt que sur la Bourse ?
Sa conviction est que les prochains champions européens se construiront loin de la Bourse, dans le non coté, à coups de tickets privés et de paris de long terme. En entrant au capital d'entreprises jeunes, il vise un potentiel de croissance que les entreprises matures cotées offrent rarement, en acceptant en contrepartie l'absence de liquidité immédiate et le risque.
Dans quels secteurs Daniel Ek investit-il ?
Il montre un intérêt marqué pour des secteurs jugés stratégiques pour l'avenir du continent, notamment la défense et la santé. Son pari le plus commenté est Helsing, spécialisée dans l'intelligence artificielle appliquée à la défense. Il a également cofondé Neko Health, une société de dépistage.
Qu'est-ce que Helsing ?
Helsing est une entreprise européenne spécialisée dans l'intelligence artificielle appliquée à la défense. Sa valorisation a grimpé à plusieurs milliards d'euros au fil de ses levées de fonds successives. C'est le pari le plus commenté de Daniel Ek.