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EasyJet convoitée à 5,7 milliards : ce que ça dit du non coté

3 août 2026

TL;DR.

Deux fonds d'investissement se disputent le rachat d'EasyJet. Apollo a placé une offre de 5,7 milliards de livres sterling, soit 200 millions de plus que son rival Castlelake, et a pris la tête de la course. L'opération illustre le fonctionnement du private equity sur une entreprise que tout le monde connaît, et montre pourquoi une partie croissante de la création de valeur se joue désormais hors des marchés cotés.

Les deux candidats, Apollo et Castlelake, sont spécialisés dans les actifs complexes et le secteur aérien. L'objectif d'un tel rachat n'est pas d'acheter une action et d'attendre, mais de prendre le contrôle de la totalité du capital puis de retirer la société de la cote. Un fonds accepte de payer une prime par rapport au cours de bourse pour trois raisons : le contrôle, qui permet de changer la direction, revoir la stratégie, céder des actifs ou restructurer la dette, et le temps, qui autorise un plan de transformation sur plusieurs années. Ces chiffres sont rapportés par BFM Économie.

Vous avez peut-être déjà volé avec EasyJet. Vous connaissez la marque, l'avion orange, le prix cassé. Ce que vous ne savez sans doute pas, c'est qu'en ce moment deux fonds d'investissement se disputent la compagnie à coups de milliards. Selon BFM Économie, Apollo a placé une offre de 5,7 milliards de livres sterling, soit 200 millions de plus que son rival Castlelake, et a pris la tête de la course au rachat. Cette opération est un cas d'école : elle montre, avec une entreprise que tout le monde connaît, comment fonctionne le private equity et pourquoi une partie croissante de la création de valeur se joue désormais loin des marchés cotés.

Ce qui se passe concrètement

Quand un fonds de private equity rachète une société cotée en bourse, l'objectif n'est pas d'acheter une action et d'attendre. Il s'agit de prendre le contrôle de la totalité du capital, puis de retirer la société de la cote. On parle de sortie de bourse. L'entreprise ne dépend alors plus des publications trimestrielles, des analystes ni des réactions du marché à la moindre annonce.

Ici, deux acteurs sont en compétition : Apollo et Castlelake, tous deux spécialistes des actifs complexes et du secteur aérien. Le fait qu'Apollo ait dû mettre 200 millions de livres de plus que son concurrent, d'après BFM Économie, en dit long : quand deux professionnels du même métier montent aux enchères sur le même dossier, c'est que la valeur qu'ils y voient dépasse le prix affiché en bourse.

Pourquoi payer plus cher que le marché ?

La question mérite d'être posée, parce qu'elle est au cœur du raisonnement d'un investisseur en non coté. Un fonds accepte de payer une prime par rapport au cours de bourse pour trois raisons principales.

  • Le contrôle. Détenir 100 % du capital permet de décider seul : changer la direction, revoir la stratégie, céder des actifs, restructurer la dette. Un actionnaire minoritaire coté n'a aucun de ces leviers.
  • Le temps. Une société non cotée peut engager un plan de transformation sur cinq ou sept ans sans devoir se justifier tous les trois mois. C'est souvent la condition pour redresser une entreprise cyclique.
  • La décote perçue. Les fonds estiment fréquemment que le marché sous-valorise certains actifs, parce qu'ils sont difficiles à analyser ou parce que le secteur est mal aimé. Le transport aérien coche les deux cases.

Autrement dit, la prime payée n'est pas de la générosité : c'est le prix d'entrée pour accéder à une valeur que le marché coté ne sait pas ou ne veut pas reconnaître.

Le vrai enseignement : la bourse se vide

Le point important pour votre épargne n'est pas le sort d'EasyJet. C'est le mouvement de fond que cette opération illustre. Depuis une vingtaine d'années, le nombre de sociétés cotées diminue dans la plupart des grandes places financières, tandis que les entreprises restent privées de plus en plus longtemps, ou quittent la cote comme ici.

La conséquence est directe pour l'épargnant classique. Si vous investissez uniquement via un PEA, une assurance vie en unités de compte ou des ETF, vous n'accédez qu'à la partie cotée de l'économie. Une part croissante de la création de valeur, celle que capturent Apollo, Castlelake et leurs investisseurs, se passe ailleurs. Ce n'est pas une question de performance garantie, c'est une question de périmètre : vous n'êtes tout simplement pas exposé à ce terrain de jeu.

Ce que cela ne veut pas dire

Soyons clairs, car ce type d'actualité peut donner de mauvaises idées. Le non coté n'est pas magique et ne promet aucun rendement. Une opération comme celle d'EasyJet comporte des risques réels : endettement utilisé pour financer l'achat, exposition à un secteur très sensible au prix du carburant et à la conjoncture, horizon d'investissement long pendant lequel l'argent est immobilisé.

Le non coté se caractérise aussi par une liquidité faible. Contrairement à une action cotée que vous vendez en quelques secondes, une participation dans une société privée peut rester bloquée plusieurs années. C'est le prix de l'accès. Un investisseur particulier averti doit intégrer cette contrainte avant de regarder le potentiel.

Comment se positionner sans être un fonds américain

Vous ne mettrez pas 5,7 milliards de livres sur la table. Mais la logique qui guide ces fonds, acheter du contrôle, travailler sur le temps long, accepter l'illiquidité en échange d'un point d'entrée intéressant, est reproductible à votre échelle.

Concrètement, l'accès au non coté pour un particulier passe par plusieurs portes : investissement direct au capital de PME ou de startups en tant que business angel, clubs de deals, fonds spécialisés désormais accessibles à partir de tickets plus raisonnables, ou dispositifs fiscaux dédiés au financement des entreprises non cotées.

La vraie difficulté n'est pas de trouver ces portes, c'est de savoir lire un dossier : comprendre une valorisation, identifier ce qui crée réellement de la valeur dans une entreprise, mesurer le risque de dilution, poser les bonnes questions à un fondateur. C'est exactement le travail que font les équipes d'Apollo avant de surenchérir de 200 millions. C'est aussi ce que nous formons nos membres à faire, à une autre échelle, avant de mettre en relation des investisseurs particuliers avec des entreprises qui cherchent des fonds.

La prochaine fois que vous verrez passer une opération de ce type, posez-vous une question simple : est-ce que mon épargne est exposée à ce qui se joue ici, ou seulement à ce qui reste en vitrine ?

Questions fréquentes

Combien Apollo propose-t-il pour racheter EasyJet ?

Apollo a placé une offre de 5,7 milliards de livres sterling. C'est 200 millions de livres de plus que l'offre de son concurrent Castlelake. Ces montants sont rapportés par BFM Économie.

Qui sont les deux fonds en compétition sur EasyJet ?

Apollo et Castlelake sont les deux fonds en lice. Tous deux sont spécialistes des actifs complexes et du secteur aérien. Apollo a pris la tête de la course au rachat après avoir surenchéri.

Qu'est-ce qu'une sortie de bourse ?

C'est l'opération par laquelle un fonds prend le contrôle de la totalité du capital d'une société cotée, puis retire ses actions de la cote. L'entreprise ne dépend alors plus des publications trimestrielles, des analystes ni des réactions du marché à la moindre annonce.

Pourquoi un fonds accepte-t-il de payer plus cher que le cours de bourse ?

Le contrôle est la première raison : détenir 100 % du capital permet de décider seul, de changer la direction, de revoir la stratégie, de céder des actifs ou de restructurer la dette. Un actionnaire minoritaire coté ne dispose d'aucun de ces leviers. Le temps est la deuxième raison : une société non cotée peut engager un plan de transformation sur plusieurs années sans rendre de comptes chaque trimestre.

Que signifie cette bataille pour l'investissement non coté ?

Quand deux professionnels du même métier montent aux enchères sur le même dossier, c'est que la valeur qu'ils y voient dépasse le prix affiché en bourse. Le cas EasyJet montre qu'une partie croissante de la création de valeur se joue aujourd'hui loin des marchés cotés.

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