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Fonds evergreen : la porte d'entrée au non coté et son piège de liquidité

17 juil. 2026

TL;DR.

Les fonds evergreen permettent aux particuliers d'accéder au private equity avec des montants raisonnables et une possibilité de retrait régulière, là où le non coté restait réservé aux institutionnels et aux grandes fortunes. Partners Group, l'un des plus grands gestionnaires mondiaux d'actifs privés, vient toutefois de rappeler que cette accessibilité s'accompagne d'un risque de liquidité qui concerne directement les épargnants.

Partners Group a prévenu que les sorties de ses fonds evergreen pourraient atteindre 20 milliards de dollars, une information communiquée lors de la présentation de ses résultats. Le gestionnaire a aussi révélé que le private equity représente à lui seul les deux tiers de ses actifs sous-performants. Un fonds evergreen fonctionne sans date de fin, en continu, avec des entrées et des sorties à intervalles réguliers, souvent chaque mois ou chaque trimestre, contrairement aux fonds fermés classiques liquidés au bout de dix à douze ans.

Pendant longtemps, le private equity est resté une affaire réservée aux grands institutionnels et aux fortunes établies : tickets d'entrée à plusieurs centaines de milliers d'euros, argent bloqué dix ans, aucune sortie possible avant le terme. Les fonds dits evergreen ont changé la donne. Ils promettent au particulier d'accéder au non coté avec des montants raisonnables et une possibilité de retrait régulière. Mais une récente mise en garde de Partners Group, l'un des plus grands gestionnaires mondiaux d'actifs privés, vient rappeler que cette porte d'entrée a un revers : la liquidité. Décryptage d'un signal qui concerne directement les épargnants tentés par cette classe d'actifs.

Ce que Partners Group vient de dire

D'après Private Equity International, Partners Group a prévenu que les sorties de ses fonds evergreen pourraient atteindre 20 milliards de dollars. L'information a été communiquée lors de la présentation de résultats du gestionnaire, publiée en milieu de semaine. Autre point notable révélé à cette occasion : le private equity représente à lui seul les deux tiers des actifs sous-performants du groupe.

Ces deux éléments méritent d'être lus ensemble. D'un côté, des retraits potentiellement massifs. De l'autre, une classe d'actifs qui, chez ce gérant, concentre l'essentiel des positions en difficulté. Ce n'est pas un signal de panique, mais c'est un rappel de bon sens : le non coté n'est ni un livret d'épargne, ni un placement dont on sort quand on veut sans conséquence.

Qu'est-ce qu'un fonds evergreen, concrètement

Un fonds evergreen est un fonds sans date de fin définie. Contrairement aux fonds de private equity classiques, dits fermés, qui lèvent des capitaux sur une période puis se liquident au bout de dix à douze ans, l'evergreen fonctionne en continu. On peut y entrer et, en principe, en sortir à intervalles réguliers, souvent chaque mois ou chaque trimestre.

C'est ce mécanisme qui a rendu le non coté accessible à des profils qui en étaient exclus. Le format ressemble davantage à un fonds ouvert traditionnel, avec des seuils d'entrée abaissés et une souplesse appréciable. Pour un particulier qui veut diversifier au-delà des actions cotées et de l'immobilier, l'evergreen a une vraie logique.

Le piège : une liquidité qui n'est jamais garantie

Le problème tient à un décalage fondamental. Les actifs détenus par ces fonds, participations dans des PME, des startups ou des sociétés non cotées, sont par nature illiquides : on ne les vend pas en un clic. Or le fonds, lui, promet à ses investisseurs une sortie régulière. Tant que les entrées d'argent compensent les sorties, tout va bien. Mais quand de nombreux investisseurs veulent récupérer leur mise en même temps, comme le scénario évoqué par Partners Group l'illustre, le gérant peut être contraint de limiter les retraits, on parle de gating, ou de vendre des actifs dans de mauvaises conditions.

Autrement dit, la liquidité affichée d'un fonds evergreen est une liquidité de temps calme. En cas de tension, elle peut se réduire, voire se suspendre. Ce n'est pas un défaut caché, c'est une caractéristique structurelle du non coté. Le vrai risque n'est pas le produit, c'est l'investisseur qui y place un argent dont il pourrait avoir besoin à court terme.

Comment aborder le non coté sans se brûler

Chez LowInvestor, notre conviction est simple : le non coté est une classe d'actifs pertinente pour se diversifier, à condition de la comprendre avant d'y entrer. Quelques principes concrets découlent directement de l'alerte de Partners Group.

  • N'investissez que de l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme. Considérez toujours un placement en non coté comme immobilisé plusieurs années, même quand une sortie régulière est proposée.
  • Lisez les conditions de retrait. Fréquence, plafonds de rachat, clauses de suspension : ces détails déterminent votre liberté réelle le jour où vous voudrez sortir.
  • Diversifiez. Le non coté est une brique de patrimoine, pas la totalité. Sa part doit rester cohérente avec votre horizon et votre tolérance au risque.
  • Formez-vous avant d'engager des montants significatifs. Comprendre la mécanique de liquidité vaut mieux que découvrir un gating au pire moment.

Ce qu'il faut retenir

L'avertissement de Partners Group n'est pas une raison de fuir le private equity. C'est une piqûre de rappel utile : les fonds evergreen démocratisent l'accès au non coté, mais ils ne suppriment pas son illiquidité de fond. La bonne question n'est pas seulement combien puis-je gagner, mais dans quelles conditions puis-je récupérer mon argent. C'est précisément cette lucidité, plus que la promesse de rendement, qui distingue un investisseur averti d'un épargnant exposé.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un fonds evergreen ?

Un fonds evergreen est un fonds sans date de fin définie qui fonctionne en continu. Contrairement aux fonds de private equity classiques, dits fermés, qui lèvent des capitaux puis se liquident au bout de dix à douze ans, on peut entrer dans un evergreen et en sortir à intervalles réguliers, souvent chaque mois ou chaque trimestre. C'est ce mécanisme qui a rendu le non coté accessible à des profils qui en étaient exclus.

Qu'a annoncé Partners Group sur ses fonds evergreen ?

Partners Group a prévenu que les sorties de ses fonds evergreen pourraient atteindre 20 milliards de dollars. L'information a été communiquée lors de la présentation de ses résultats, publiée en milieu de semaine. Le gestionnaire a aussi indiqué que le private equity représente à lui seul les deux tiers de ses actifs sous-performants.

Pourquoi la liquidité est-elle un risque dans le non coté ?

Le non coté n'est ni un livret d'épargne, ni un placement dont on sort quand on veut sans conséquence. Même avec un fonds evergreen qui prévoit des sorties régulières, des retraits potentiellement massifs combinés à des positions en difficulté rappellent que la liquidité n'est pas garantie. C'est un rappel de bon sens pour les épargnants tentés par cette classe d'actifs.

Comment les fonds evergreen ont-ils ouvert le private equity aux particuliers ?

Le private equity était longtemps réservé aux grands institutionnels et aux fortunes établies, avec des tickets d'entrée à plusieurs centaines de milliers d'euros et un argent bloqué dix ans sans sortie possible avant le terme. Les fonds evergreen ont changé la donne en proposant des montants raisonnables et une possibilité de retrait régulière. Ils rendent ainsi le non coté accessible à des profils qui en étaient auparavant exclus.

Quelle différence entre un fonds evergreen et un fonds de private equity classique ?

Un fonds de private equity classique est un fonds fermé : il lève des capitaux sur une période définie puis se liquide au bout de dix à douze ans, sans sortie possible avant le terme. Un fonds evergreen fonctionne en continu, sans date de fin, et autorise en principe les entrées et les sorties à intervalles réguliers, souvent mensuels ou trimestriels.

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