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Fraude dans les startups financées par des VC : ce que l'investisseur doit savoir

1 août 2026

TL;DR.

Une recherche menée par l'Imperial College, au Royaume-Uni, et l'emlyon Business School, en France, rapportée par TechCrunch, décrit comment des fondateurs de la Silicon Valley en viennent à commettre des fraudes et quel rôle jouent les investisseurs dans ce processus. L'intérêt du travail est qu'il ne raconte pas une affaire isolée mais cherche un schéma récurrent. Si vous investissez dans le non coté, cela touche directement à ce que vous devez vérifier avant de signer un bulletin de souscription.

Deux limites encadrent la lecture de ces conclusions. Le terrain d'étude est l'écosystème américain, et plus précisément la Silicon Valley : ses résultats ne se transposent pas mécaniquement à une PME lyonnaise ou à une startup abidjanaise. Par ailleurs, constater que les startups financées par du capital-risque présentent davantage de cas de fraude ne signifie pas que la majorité d'entre elles fraudent : c'est une différence de fréquence relative, pas un verdict sur une classe d'actifs entière. Le mécanisme mis en cause tient à la logique de portefeuille du capital-risque, où un fonds accepte par construction que la majorité de ses lignes échoue.

Investir dans le non coté, c'est accepter de travailler sans les garde-fous des marchés cotés : pas de cours de bourse quotidien, pas de comptes publiés chaque trimestre, pas d'analystes qui contredisent le discours du dirigeant. Cette opacité fait partie du jeu et explique une bonne part du potentiel de l'actif. Mais elle a un revers, et une recherche relayée par TechCrunch vient de le documenter. Des chercheurs de l'Imperial College, au Royaume-Uni, et de l'emlyon Business School, en France, ont cartographié la manière dont des fondateurs de la Silicon Valley commettent des fraudes, et le rôle que jouent les investisseurs dans ce processus. Le sujet n'est pas anecdotique : il touche directement à ce que vous devez vérifier avant de signer un bulletin de souscription.

Un travail académique, pas une intuition de forum

Le sujet de la fraude dans les startups revient régulièrement dans la presse, généralement au moment d'un scandale spectaculaire. L'intérêt de ce travail, tel que le rapporte TechCrunch, est ailleurs : il ne raconte pas une affaire, il cherche un schéma. Les chercheurs se sont attachés à décrire comment la fraude se construit chez des fondateurs financés par du capital-risque, et à quel moment les investisseurs entrent dans l'équation.

Deux précisions s'imposent avant d'aller plus loin. D'abord, le terrain d'étude est l'écosystème américain, et plus précisément la Silicon Valley : on ne peut pas transposer mécaniquement ses conclusions à une PME lyonnaise ou à une startup abidjanaise. Ensuite, dire que les startups financées par des fonds de capital-risque présentent davantage de cas de fraude ne signifie pas que la majorité d'entre elles fraudent. C'est une différence de fréquence relative, pas un verdict sur une classe d'actifs entière.

Pourquoi le modèle du capital-risque crée un terrain favorable

Le point qui mérite votre attention est le mécanisme. Le capital-risque fonctionne sur une logique de portefeuille : un fonds accepte que la majorité de ses participations ne rapporte rien, parce qu'une ou deux réussites paieront le reste. Pour le fondateur, cela se traduit par une injonction permanente : montrer une croissance suffisamment spectaculaire pour être classé dans les gagnants potentiels, sans quoi le prochain tour de table ne se fera pas.

Ajoutez à cela l'absence de prix de marché. Dans le non coté, la valorisation ne sort pas d'un carnet d'ordres : elle sort d'une négociation, d'un récit et d'un jeu de projections. Quand la valeur d'une entreprise dépend d'abord de l'histoire qu'on en raconte, l'écart entre l'optimisme commercial et le mensonge devient une pente, pas une frontière nette. Un chiffre d'affaires annoncé en incluant des contrats non signés, un taux de rétention calculé sur un périmètre choisi, une démonstration produit un peu trop assistée : chacun de ces gestes se justifie individuellement, et l'accumulation finit par constituer une fraude.

L'investisseur n'est jamais un simple spectateur

C'est le point le plus inconfortable du travail cité par TechCrunch : les investisseurs ne sont pas seulement des victimes de ces dérives, ils participent au contexte qui les rend possibles. Un fonds qui valorise la vitesse plus que la solidité, qui pousse à annoncer des objectifs intenables, ou qui se satisfait de tableaux de bord non audités parce que le reste du marché fait pareil, envoie un signal clair au fondateur.

Pour un particulier, la leçon est directe. Vous n'êtes pas un spectateur non plus. Le niveau d'exigence que vous posez au moment de l'entrée détermine en partie la discipline que l'entreprise s'imposera ensuite. Poser des questions précises n'est pas un manque de confiance envers l'équipe fondatrice : c'est la contribution la plus utile que vous puissiez apporter à sa gouvernance.

Les réflexes de vérification avant d'investir

Aucune due diligence ne rend une fraude impossible. En revanche, quelques réflexes élèvent nettement le coût du mensonge :

  • Remonter à la source des chiffres. Un chiffre d'affaires doit pouvoir être rapproché de factures et d'encaissements bancaires, pas seulement d'un tableau de bord interne.
  • Vérifier qui contrôle les comptes. Présence d'un commissaire aux comptes, comptes déposés, expert-comptable identifié : leur absence n'est pas rédhibitoire sur une jeune structure, mais elle doit être expliquée.
  • Parler à des tiers. Clients, anciens salariés, fournisseurs. Ce sont eux qui confirment ou infirment le récit, pas le deck.
  • Regarder la gouvernance. Un fondateur qui concentre tous les pouvoirs, sans board réel ni contre-pouvoir, supprime la friction qui aurait pu l'arrêter.
  • Se méfier de l'urgence. La pression à signer vite, avec un accès limité aux documents, est un signal en soi.

Regarder le risque en face, c'est la condition pour y aller

Il serait facile de tirer de cette étude une conclusion défensive : le non coté est dangereux, restons à l'écart. Ce n'est pas notre lecture. Le non coté reste l'un des rares endroits où un particulier peut financer une économie réelle et accéder à des projets avant qu'ils ne soient valorisés par tout le monde. Mais c'est une classe d'actifs qui ne pardonne pas l'improvisation : illiquide, opaque, et où votre principale protection s'appelle méthode.

C'est précisément pour cela que nous consacrons une part importante de notre travail à la formation à la due diligence et à la mise en relation directe avec des porteurs de projet, plutôt qu'à la promotion d'opportunités. Savoir lire un dossier, identifier les questions qui dérangent et accepter de renoncer quand les réponses ne viennent pas : ce sont des compétences qui s'acquièrent, et elles valent bien plus, sur la durée, que n'importe quel bon plan.

Source : TechCrunch, 31 juillet 2026.

Questions fréquentes

Qui a mené cette recherche sur la fraude dans les startups ?

Des chercheurs de l'Imperial College, au Royaume-Uni, et de l'emlyon Business School, en France. Leurs travaux ont été rapportés par TechCrunch. Ils ont cartographié la manière dont des fondateurs de la Silicon Valley commettent des fraudes et le rôle que jouent les investisseurs dans ce processus.

Les startups financées par du capital-risque fraudent-elles davantage ?

Elles présentent davantage de cas de fraude, mais cela ne veut pas dire que la majorité d'entre elles fraudent. Il s'agit d'une différence de fréquence relative, pas d'un verdict sur l'ensemble de la classe d'actifs. La nuance est importante avant d'en tirer des conclusions sur le non coté en général.

Pourquoi le modèle du capital-risque crée-t-il un terrain favorable à la fraude ?

Le capital-risque fonctionne sur une logique de portefeuille : un fonds accepte que la majorité de ses participations échoue, et attend que quelques réussites compensent l'ensemble. C'est ce mécanisme, plus que les personnalités individuelles, que la recherche met en avant.

Peut-on appliquer ces conclusions aux startups françaises ou africaines ?

Non, pas mécaniquement. Le terrain d'étude est l'écosystème américain, et plus précisément la Silicon Valley. Transposer ses conclusions à une PME lyonnaise ou à une startup abidjanaise reviendrait à ignorer les différences de financement et de culture entrepreneuriale entre ces environnements.

Pourquoi le non coté expose-t-il davantage l'investisseur à ce risque ?

Investir dans le non coté signifie travailler sans les garde-fous des marchés cotés : pas de cours de bourse quotidien, pas de comptes publiés chaque trimestre, pas d'analystes pour contredire le discours du dirigeant. Cette opacité explique une bonne part du potentiel de l'actif, mais elle en constitue aussi le revers.

Une décision à éclairer sur un contexte africain ?

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