Non coté : les plus gros fonds ne sont presque jamais les plus rentables
7 juil. 2026
TL;DR.
Dans le non coté, les plus gros fonds ne sont presque jamais les plus rentables. Quand l'économie devient incertaine, beaucoup d'investisseurs se réfugient vers les mégafonds qui gèrent des milliards, par prudence. Ce réflexe rassurant sacrifie souvent le rendement, car un fonds ne performe pas mécaniquement parce qu'il grossit.
Sara Zulkosky, cofondatrice et managing partner de Recast Capital, défend dans une tribune publiée par Crunchbase News une idée à contre-courant : les petits gérants émergents sont une meilleure source de rendement sur le long terme. Un très gros fonds doit déployer des sommes considérables, écrire de très gros chèques et viser des entreprises déjà valorisées, ce qui dilue la performance. Quand vous investissez un milliard, une pépite qui fait x10 ne bouge presque pas l'aiguille du fonds. Quand vous en gérez cinquante, la même pépite change tout. Les gérants émergents et de plus petite taille restent alignés avec la promesse du capital-risque : aller chercher un potentiel de hausse élevé que les marchés cotés n'offrent pas.
Quand l'économie devient incertaine, un réflexe s'impose presque naturellement : se réfugier vers ce qui paraît solide, connu, gros. Dans le capital-investissement, cela se traduit par une ruée vers les mégafonds, ces véhicules qui gèrent des milliards et rassurent par leur taille. Le problème, c'est que ce réflexe de prudence peut coûter cher. Dans une tribune publiée par Crunchbase News, Sara Zulkosky, cofondatrice et managing partner de Recast Capital, défend une idée à contre-courant : les petits gérants émergents seraient une meilleure source de rendement sur le long terme, pour qui accepte de sortir du troupeau. Un débat qui concerne directement tout particulier qui s'intéresse au non coté.
La taille rassure, mais elle ne performe pas mécaniquement
L'argument que Sara Zulkosky adresse aux grands investisseurs institutionnels (les fameux LP, ou limited partners, qui apportent l'argent aux fonds) tient en une phrase : ils confondent sécurité perçue et meilleur rendement. En période de doute, concentrer ses capitaux dans quelques mégafonds donne un sentiment de contrôle. Mais rien ne garantit qu'un fonds gagne en performance parce qu'il gagne en taille.
C'est même souvent l'inverse. Un fonds très gros doit déployer des sommes considérables. Il est donc contraint d'écrire de très gros chèques, de viser des entreprises déjà valorisées et de multiplier les lignes en portefeuille. Résultat : la performance se dilue. Quand vous investissez un milliard, une pépite qui fait x10 ne bouge presque pas l'aiguille du fonds. Quand vous en gérez cinquante, la même pépite change tout.
Pourquoi les petits gérants vont chercher le rendement
Le non coté, et le capital-risque en particulier, ont une vocation précise : aller chercher un potentiel de hausse élevé que les marchés cotés n'offrent pas. Selon la thèse défendue dans Crunchbase News, ce sont précisément les gérants émergents et de plus petite taille qui restent alignés avec cette promesse.
Plusieurs raisons à cela. Un petit gérant est plus proche du terrain, il investit tôt, sur des entreprises que les gros ne regardent pas encore. Il a faim, car son avenir dépend de la réussite de ses premiers fonds. Et surtout, sa taille lui permet d'être réellement sélectif : quelques belles sorties suffisent à produire une performance remarquable. Là où un mégafonds cherche à protéger un capital énorme, le petit gérant, lui, cherche à créer de la valeur.
Le vrai risque n'est pas toujours celui qu'on croit
Se réfugier dans les mégafonds parce que le climat est incertain revient à faire un pari implicite : celui que la prudence apparente protège le capital. Mais en investissement non coté, le risque le plus discret est celui du rendement médiocre. Un placement qui ne perd pas grand-chose mais ne rapporte quasiment rien, sur un horizon de huit à dix ans, est un mauvais placement pour un actif aussi illiquide.
Attention : cela ne veut pas dire qu'un petit gérant est toujours meilleur. La dispersion des performances est énorme entre les gérants émergents, bien plus qu'entre les grands fonds. Certains font des résultats exceptionnels, d'autres échouent. C'est justement pour cela que le sujet n'est pas la taille du fonds, mais votre capacité à comprendre ce que vous achetez, à qui vous confiez votre argent et selon quelle thèse.
Ce que cela change pour un investisseur particulier
Ce débat, longtemps réservé aux grands institutionnels, descend aujourd'hui jusqu'à l'investisseur particulier. De plus en plus de dispositifs ouvrent l'accès au non coté à des personnes qui, hier encore, n'y touchaient pas. Et la tentation sera exactement la même : choisir le nom le plus rassurant plutôt que la stratégie la plus pertinente.
La leçon à retenir n'est pas de fuir les gros fonds ni de courir vers les petits. Elle est de ne pas laisser la peur choisir à votre place. Comprendre pourquoi un fonds performe, quelle est sa taille, comment il déploie son capital et ce qu'il vise réellement, voilà ce qui distingue un investisseur d'un suiveur. C'est précisément ce travail de compréhension que nous cherchons à outiller chez LowInvestor : vous donner les clés de lecture du non coté, et la capacité de vous poser les bonnes questions avant de sortir du troupeau, ou d'y rester en connaissance de cause.
Questions fréquentes
Pourquoi les plus gros fonds de private equity ne sont-ils pas les plus rentables ?
Un très gros fonds doit déployer des sommes considérables, ce qui l'oblige à écrire de très gros chèques, à viser des entreprises déjà valorisées et à multiplier les lignes en portefeuille. La performance se dilue. Quand vous investissez un milliard, une pépite qui fait x10 ne bouge presque pas l'aiguille du fonds.
Pourquoi les investisseurs se tournent-ils vers les mégafonds en période d'incertitude ?
Quand l'économie devient incertaine, un réflexe s'impose : se réfugier vers ce qui paraît solide, connu et gros. Concentrer ses capitaux dans quelques mégafonds donne un sentiment de contrôle. Mais ce réflexe confond sécurité perçue et meilleur rendement.
Pourquoi les petits gérants émergents vont-ils davantage chercher le rendement ?
Les gérants émergents et de plus petite taille restent alignés avec la vocation du capital-risque : aller chercher un potentiel de hausse élevé que les marchés cotés n'offrent pas. Sur un fonds plus petit, une entreprise qui fait x10 change réellement la performance globale, alors qu'elle est diluée dans un mégafonds.
Qu'est-ce qu'un LP (limited partner) dans un fonds d'investissement ?
Les LP, ou limited partners, sont les grands investisseurs institutionnels qui apportent l'argent aux fonds. Ce sont eux que Sara Zulkosky met en garde contre le fait de confondre sécurité perçue et meilleur rendement.
Qui défend l'idée que les petits gérants sont plus rentables ?
Sara Zulkosky, cofondatrice et managing partner de Recast Capital, défend cette thèse dans une tribune publiée par Crunchbase News. Selon elle, les petits gérants émergents sont une meilleure source de rendement sur le long terme pour qui accepte de sortir du troupeau.